Alors que l’inflation s’est imposée dans le débat public en ce début d’année comme un sujet majeur pour les entreprises et les particuliers, les associations n’en demeurent pas moins concernées par ses effets. Le Mouvement associatif et Recherches & solidarités ont mené une enquête afin de rendre compte des effets de l’inflation sur les associations.
Selon cette étude, réalisée auprès de 2 789 responsables d’associations de toutes tailles, tous secteurs d’activité et toutes régions, près d’une sur quatre considèrent que ce contexte impacte leur activité. Les associations d'aide alimentaire sont probablement les plus touchées, puisque c'est précisément sur les produits alimentaires que celle-ci a été et reste la plus importante, et parce que, de l'autre côté, les bénéficiaires, du fait de l'inflation, sont aussi de plus en plus nombreux. "C'est vraiment la double peine", réagit Catherine Fillon, fondatrice du CSE Lyon, une association d'aide alimentaire aux étudiants lyonnais. Conséquence : les associations commencent à craindre pour leur pérennité.
Pour preuve, les Restos du Coeur s'enfonce dans un gouffre financier de 35 millions d'euros, et une inflation qui étrangle encore un peu plus les finances de l'association fondée par Coluche il y a plus de 30 ans. A tel point que, pour la première fois de son histoire, elle pense à réduire le nombre des repas qu'elle distribue. Mais derrière l'alerte du mastodonte de l'aide alimentaire en France, ce sont toutes les associations qui prennent de plein fouet l'inflation.
Pour la SPA aussi, la situation s'aggrave. Les adoptions sont en baisse, les refuges "complètement saturés", dit le président de la SPA, Jean-Charles Fombonne, et tout augmente, de l'alimentation animale aux frais de vétérinaire ou d'énergie. "On a fait le calcul qu'en 2021, un animal nous coutait un peu près 630 euros. On en est à 940 aujourd'hui". Ces problèmes pèsent aussi lourd sur le moral des bénévoles, qui voient leur engagement remis en cause par des questions financières.





